Procédé héliographique

200 ans de photographie

De l’épreuve par contact à la caméra

1. Le procédé par contact de l’héliographie (1822)

En 1822, Joseph Nicéphore Niépce réalisa la première image photographique pouvant être fixée durablement : une copie d’une gravure sur cuivre, obtenue par contact direct avec la lumière sur une plaque métallique recouverte de bitume.

Ce n’était pas la première photographie au sens où nous l’entendons aujourd’hui, mais la preuve que la lumière pouvait inscrire durablement une image dans la matière.

Ce procédé — le procédé par contact de l’héliographie — est le plus ancien procédé photographique fonctionnel connu. Il ne naquit pas du désir de représenter le monde, mais d’un objectif pratique : reproduire mécaniquement des estampes sans avoir à les graver à la main.

Le procédé par contact de l’héliographie (1822)

2. La plus ancienne photographie conservée au monde (1827)

Ma reconstruction

À l’été 1827, Joseph Nicéphore Niépce installa une camera obscura à la fenêtre de son cabinet de travail, dans sa propriété du Gras à Saint-Loup-de-Varennes, en France, et exposa pendant plusieurs jours une plaque d’étain recouverte de bitume.

Ce qui en résulta est la plus ancienne photographie conservée au monde : Point de vue du Gras — une vue de la cour intérieure, dans laquelle le soleil semble éclairer simultanément la gauche et la droite de l’image, ayant parcouru le ciel au cours de cette exposition de plusieurs jours.

L’image est aujourd’hui conservée au Harry Ransom Center de l’Université du Texas à Austin. Elle mesure 16,5 × 21 cm, est fixée sur une plaque d’étain et apparaît, selon l’angle de vue, tantôt comme un négatif, tantôt comme un positif. Elle n’existe qu’en un seul exemplaire. Il n’en existe aucune copie.

Entre ces deux procédés s’écoulent cinq années et s’opère un changement décisif : de la reproduction d’une image existante à l’enregistrement d’un moment réel, observé.

Ma reconstruction avec la caméra